Décoder l’arthrose du genou grâce à la modélisation in silico multi-échelle : un mandat d’aspirant FNRS pour Jeanne Delhez
Jeanne Delhez nous explique son parcours et son sujet de recherche dans le cadre de l'obtention de son mandat d'Aspirante FNRS.
Son parcours
J’ai entamé mes études d’ingénieur civil à l’Université de Liège en septembre 2019. Très rapidement, je me suis tournée vers le domaine du biomédical, attirée par la possibilité de mettre les compétences de l’ingénieur au service de la santé des patients. En juin 2024, j’ai obtenu mon diplôme de Master en génie biomédical, avec une spécialisation en biomécanique, biomatériaux et ingénierie tissulaire.
Durant mon master, j’ai réalisé mon travail de fin d’études au sein du laboratoire du Professeur Ponthot. Ce travail portait sur l’application de la méthode PFEM pour la modélisation numérique des écoulements sanguins et de leurs interactions avec les parois des vaisseaux, dans diverses situations rencontrées au sein du système cardiovasculaire. Ce projet m’a notamment permis de participer et de remporter le Super Prix FABI (Fédération Royale des Associations Belges d’Ingénieurs). Ce concours, centré sur la vulgarisation scientifique, m’a offert l’occasion unique de m’exercer à communiquer efficacement et à partager mon travail avec passion et conviction.
Mon apprentissage et mes expériences m’ont ouvert les yeux sur toutes les perspectives de collaborations possibles entre médecins et ingénieurs, ainsi que sur le potentiel des jumeaux numériques pour mieux comprendre la physiologie humaine, affiner le diagnostic et améliorer les traitements. Animée par le désir de contribuer à des avancées concrètes et utiles, j’ai postulé pour une bourse du FNRS. En octobre 2025, j’ai débuté un mandat d’Aspirante FRS-FNRS (Fonds de la Recherche Scientifique) au sein de la Biomech Research Unit de la Professeure Liesbet Geris, où j’entreprends désormais un doctorat.
Son sujet de recherche
Mon sujet de recherche porte sur la modélisation in silico multi-échelle de l’arthrose du genou. L’arthrose est en effet une maladie très fréquente : elle touche un adulte sur huit dans le monde et une augmentation préoccupante des cas est attendue dans les décennies à venir.
Son développement résulte d’interactions complexes entre des facteurs mécaniques, génétiques, métaboliques et inflammatoires, rendant le développement de traitements efficaces particulièrement difficile. Face à cette complexité, la modélisation in silico est appelée à jouer un rôle de plus en plus important dans la conception et l’évaluation de nouvelles approches thérapeutiques. À ce jour, cependant, aucun modèle disponible ne couple de manière mécanistique les aspects multi-échelles de la mécanique articulaire avec la signalisation biologique, limitant ainsi leur potentiel pour le développement de stratégies régénératives. Mon projet vise à combler cette lacune en développant un modèle multi-échelle de l’articulation du genou, capable de reproduire les processus complexes régissant l’homéostasie du cartilage et la progression de l’arthrose. Une attention particulière sera portée sur la mécanotransduction et l’inflammation, afin de relier les dynamiques mécaniques aux niveaux de l’organe, du tissu et de la cellule aux voies de signalisation biologique intracellulaire. Des données expérimentales in vitro et in vivo viendront compléter le modèle et valider ses prédictions. Ce modèle servira ensuite à explorer des stratégies de réparation endogène en identifiant des cibles thérapeutiques pertinentes, ouvrant ainsi la voie au développement de traitements efficaces contre l’arthrose.
