Aurélie de Boissieu
Chargée de cours en Faculté des Sciences Appliquées (Département ArGEnCo) et en Faculté d’Architecture
Côté Face – Côté Pile
Son parcours
Aurélie de Boissieu a grandi à Lyon, en France, où elle développe très tôt un goût, à la fois pour la lecture, la philosophie et le dessin, mais aussi pour la technique et les mathématiques. L’architecture s’impose rapidement à elle comme un domaine lui permettant de concilier toutes les facettes de sa personnalité. Elle obtient un baccalauréat puis un master en architecture à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Lyon (ENSA Lyon).
Des rencontres déterminantes orientent le parcours d’Aurélie, qu’il s’agisse d’ouvrages marquants comme Idea d’Erwin Panofsky ou Nus et paysages d’Alain Roger, mais aussi d’enseignants de l’ENSA Lyon, comme Bernard Duprat et Alena Kubova. Elle décide alors de poursuivre son parcours non pas dans un bureau d’architecture, mais en tant que chercheuse. Elle rejoint alors le laboratoire de Modélisations pour l’Assistance à l’Activité Cognitive de la Conception (MAACC) de l’ENSAPLV Paris-La Villette, où elle développe une thèse de doctorat consacrée à l’impact des technologies numériques dites paramétriques sur la conception architecturale. Cette thèse, soutenue en septembre 2013, reçoit le Prix de la recherche de l’Académie d’architecture française.
L’après-thèse d’Aurélie de Boissieu s’inscrit dans la continuité de ses travaux sur le paramétrique. Pendant plusieurs années, elle travaille au sein de l’entreprise d’ingénierie Setec, sur ce que l’on désignerait aujourd’hui comme le design computationnel, puis en recherche et développement autour du BIM (Building Information Modeling). En parallèle elle remplit des missions d’assistante pédagogique en écoles d’architecture à Paris.
Aurélie décide ensuite de changer de milieu professionnel et déménage outre-Manche, à Londres. Elle travaille au sein d’agences d’architecture renommées comme Heatherwick Studio et Grimshaw. Ce changement d’environnement professionnel, la culture anglo-saxonne, les dynamiques d’équipe et la nature des projets sur lesquels elle intervient constituent une expérience particulièrement enrichissante, tant sur le plan personnel que professionnel. Toutefois, le raisonnement à court terme imposée par la succession des projets appliqués finit par la laisser sur sa faim.
Ainsi, lorsqu’un poste académique correspondant parfaitement à ses compétences et aspirations s’ouvre à l’ULiège, elle n’hésite pas à postuler. Son arrivée à Liège en 2020, en pleine période de pandémie, n’est des plus simples. Aurélie ne regrette cependant pas son choix, tant pour la dynamique professionnelle que pour la qualité de vie en Wallonie.
À l’ULiège, Aurélie de Boissieu partage aujourd’hui son temps entre la Faculté des Sciences Appliquées et la Faculté d’Architecture.
En octobre 2025, ses travaux novateurs sur le Building Information Modeling (BIM) sont récompensés par le très prestigieux Prix Charles Lemaire de l'Académie Royale de Belgique.
Côté face, Aurélie est une baroudeuse heureuse, partagée entre l’Angleterre et la Belgique, ses pays d’adoption, et la France et la Roumanie, ses ancrages familiaux. Elle vit au cœur des arbres, dans la région liégeoise, avec son mari et leur petite fille de deux ans. À la maison, on parle trois langues, on se promène beaucoup en forêt, et les livres préférés du moment sont Mog oublie tout et L’Hiver de la famille Souris.
Des enjeux sociétaux et industriels
Notre environnement bâti doit aujourd’hui répondre à d’importants enjeux environnementaux, économiques et sociaux. De nombreuses pratiques numériques, en particulier celles liées au BIM (Building Information Modeling) et au design computationnel, visent à accompagner l’architecte et l’ingénieur-architecte face à ces défis. Le BIM constitue un cadre de travail collaboratif favorisant l’interdisciplinarité, la coordination entre les acteurs et une meilleure continuité de l’information tout au long du cycle de vie du bâtiment. Il offre des gains significatifs en termes de qualité architecturale, de maîtrise des coûts et délais, ainsi que de productivité industrielle dans le secteur de la construction. Toutefois, son adoption reste complexe en raison de freins organisationnels, culturels et techniques, ainsi que d’un décalage persistant entre les promesses des outils et les pratiques professionnelles réelles.
Aujourd’hui, l’intelligence artificielle générative (IAG) représente un potentiel majeur pour l’architecture et l’ingénierie, notamment dans le développement de processus industriels plus efficaces et mieux coordonnés. Pour que ce potentiel se concrétise, il est indispensable de renforcer la culture numérique (digital literacy) des acteurs du secteur et de développer des outils métiers pertinents, fiables et éthiques. Ces outils devront soutenir la qualité du projet, la performance des chaînes de production et la prise de décision éclairée, tout en respectant les exigences sociétales et environnementales de la construction moderne.
C’est dans cette perspective que s’inscrivent les recherches et les enseignements d’Aurélie de Boissieu. Sa démarche vise à améliorer l’usage des technologies numériques et de la pensée algorithmique par les architectes et ingénieurs-architectes.
L’action d’Aurélie passe, entre autres, par son action sein du Fab52, le Fablab de la Faculté des Sciences Appliquées. Par exemple, dans le projet INTERREG Grande Région FABLABS4INNOVATION qu’elle mène avec Thomas Andrianne (FSA), l’objectif est de développer des contenus pour soutenir la fabrication numérique comme levier d’innovation. Dans le projet français AMI (Appel à Manifestation d’Intérêt – Agence Nationale de la Recherche – République Française) « Engagé pour la qualité du logement de demain », le but est de soutenir la fabrication modulaire en bois dans une perspective circulaire de réutilisation et de combinatoire. Elle collabore dans ce cadre avec l’atelier d’architecture Cambium et l’entreprise OSSABOIS.
