Historique
Tout au long de son histoire, la Faculté des Sciences Appliquées a suivi pas à pas les mutations de son temps. Aujourd’hui elle s’insère dans plusieurs réseaux, qu’ils soient industriel, économique, ou universitaire. Elle propose des formations dans des domaines à la pointe de la technologie et met un point d’honneur à être présente sur le terrain de l’innovation.
Au départ, l'Ecole des Mines
Lors de sa fondation, en 1817, l’Université de Liège compte quatre facultés : Philosophie et Lettres, Sciences, Droit et Médecine. Les immenses progrès techniques de l’époque incitent le gouvernement hollandais à inscrire dans les enseignements dispensés par la Faculté des Sciences, la chimie et la mécanique appliquée aux arts industriels. Elle s’enrichit dès lors d’une nouvelle section, l’Ecole des Mines, véritable point de départ de notre Faculté actuelle. Il faut cependant attendre 1836 pour qu’une loi organise véritablement les études d’ingénieur : « Dans la Faculté des Sciences, on consacrera un enseignement à l'exploitation des mines, à la métallurgie, la géométrie descriptive avec des applications spéciales à la construction des machines. Cet enseignement devrait être particulier et situé dans une Ecole des Arts et Manufactures et des Mines »
L'Ecole adopte son règlement organique le 18 octobre 1838. L’examen d’admission réussi, les étudiants suivent deux années de formation à l'Ecole préparatoire puis poursuivent leur cursus soit à l'Ecole des Arts et Manufactures soit à celle des Mines. Les enseignements des deux Ecoles portent sur la mécanique, la physique, la chimie, la géométrie descriptive, la minéralogie, la docimasie, la géologie, l'exploitation des mines, la métallurgie, l'architecture industrielle, l'économie industrielle et la construction des machines. L’Ecole se dote également d’enseignements en électricité, en magnétisme et en électrotechnique. Le don de l’industriel et sénateur G. Montefiore-Levy permettra en 1883 la création d’un Institut éponyme promouvant l’étude de ces nouvelles matières.
Puis vint la Faculté Technique
Par une loi de 1890, le grade d’ingénieur civil des mines devient légal. L’AILg, fondée en 1847, se positionne contre cette loi de peur de voir figer dans le marbre des études dont la vocation est d’évoluer avec les progrès scientifiques. Ce débat se solde par la séparation des Ecoles spéciales de la Faculté des Sciences. Une cinquième faculté naît : la Faculté Technique.
La première guerre mondiale prive la Faculté de près de 60% de ses étudiants. Il faut attendre deux années pour que la situation revienne à la normale. Le développement de l'esprit scientifique se poursuit malgré tout, sous l'influence de forces nouvelles : à l'action exercée par l'Allemagne avant la guerre succèdent celle de la France et, surtout celle des Etats-Unis. Ingénieurs et techniciens sont irrésistiblement attirés par les riches institutions scientifiques américaines.
Et enfin, la Faculté des Sciences Appliquées
Après la guerre, la situation immobilière de l’Université est désastreuse. Non seulement de nombreux bâtiments doivent être rénovés, mais la place commence à manquer. L’AILg intervient auprès des grands industriels de la région afin de recueillir des fonds. En 1924, l’Université de Liège acquiert les terrains du Val-Benoît. Les travaux de construction et l'aménagement des locaux donnent l'occasion au corps professoral des sciences appliquées de réaliser leur enseignement sur le terrain et d'y intéresser de près leurs étudiants. Les nouvelles constructions du Val-Benoît sont inaugurées par le roi Léopold III, le 26 novembre 1937. L’année suivante, la Faculté est renommée Faculté des Sciences Appliquées.
La seconde guerre mondiale oblige professeurs et étudiants à quitter leurs nouveaux locaux, beaucoup trop exposés aux bombardements. La paix revient le 8 mai 1945. Au Val-Benoît, les dégâts subis par les laboratoires, les collections et les bibliothèques sont énormes, de même que ceux occasionnés aux bâtiments. L’AILg, bien décidée à célébrer le centenaire de sa fondation, donne l’élan nécessaire à la rénovation des bâtiments du Val Benoit.
Les années 1950 voient se tisser des liens de plus en plus étroits entre l’Université de Liège et les grands industriels de la région. La Faculté des Sciences Appliquées participe pleinement à ce partenariat en créant des laboratoires destinés non seulement à l’enseignement et à la recherche, mais aussi à la collaboration avec l’industrie. A l’écoute de son temps, la Faculté des Sciences Appliquées se dote dès 1957 d’un important Centre de calcul et de traitement de l’information, et dès 1962, organise un enseignement destiné à permettre aux étudiants ingénieurs physiciens et ingénieurs électriciens-mécaniciens d’intégrer, une fois diplômés, l’un des centres européens de recherches spatiales.
Vers le Sart Tilman
Afin de lutter contre l’éparpillement des locaux universitaires, le recteur Marcel Dubuisson caresse l’idée de créer un véritable campus, à l’image de celui d’Harvard. Il convainc le Conseil d’administration qui se met en quête du futur site. Le Sart Tilman retient alors l’attention des autorités universitaires. Le chantier débute dès 1962 et différents services s’implantent rapidement. Mais la crise des années 70 ralentit les travaux. La Faculté des Sciences Appliquées devra attendre 1977 pour commencer à rejoindre ce nouveau campus avec le bâtiment de l’Institut Montefiore.
Encore une fois, la Faculté des Sciences Appliquées s’adapte aux changements techniques et économiques de l’époque : la fin de l’industrie textile verviétoise, la désindustrialisation progressive de la région liégeoise, les avancées dans le domaine de l’informatique, le développement du concept de « protection de l’environnement » et la naissance de la notion de « pollution industrielle ». A chaque évolution, la Faculté des Sciences Appliquées apporte une réponse, en modifiant ses programmes de cours, en s’investissant dans de nouvelles recherches, en nouant des liens avec des entreprises modernes,...
En 2000, la Faculté des Sciences Appliquées s’installe dans ses nouveaux locaux : un complexe de bâtiments aménagés par R. Greisch, alumni de la Faculté. Divisée en quatre parties, la nouvelle construction comprend le hall principal présentant pour les sections mécanique et génie civil : laboratoires, bureaux, petits auditoires, une importante bibliothèque,... ; un hall réservé à l'Aquapôle, le laboratoire d'hydraulique des constructions et un quatrième bâtiment prévu pour la soufflerie. Cette structure complète dès lors la série de celles déjà construites : l'Institut Montefiore, l'institut de mathématique, le hall d'essais du bassin de carènes, le Centre de Recherches Métallurgiques et le bâtiment du SEGI.
Source : Cette synthèse se base sur le texte « Histoire de la Faculté des Sciences Appliquées de l’Université de Liège », rédigé au printemps 2012 par N.M. Dehousse, professeur ordinaire émérite de la Faculté des Sciences Appliquées.
